Sans ressource ni logement, ma vie est devenue un enfer.
Vivre ou plutôt survivre, oui mais comment accepter cette souffrance au quotidien.
Errer jusqu'à la tombée de la nuit puis s'enfuir dans un bois et patienter jusqu'au lever du jour ?
Voilà en résumé ma vie de « sans domicile fixe ».
Vous souhaitez me parler du 115, d'hébergement d'urgence, de CHRS... pas la peine, je connais.
Hébergé par ce type de structure (le GEBA - Groupement d’Entraide du Bassin d’Arcachon) voici 8 ans, puis devenu surveillant de nuit de ce même centre quelques mois plus tard, ce dernier a fermé par volonté municipale et faute de subventions.
Période de chômage en ce qui me concerne, bail à échéance non renouvelé par propriétaire frileux (lorsque l'on est sans emploi, que le loyer n'est payé qu'à partir du 10 de chaque mois, ce n'est plus la même chose même si l'allocation logement est versé directement au propriétaire), fin de droits et instruction d'un dossier RMI.
Comment me sortir de cette impasse ?
Frapper à la porte d'un C.C.A.S. pour m'entendre dire que ma présence sur cette ville n'est guère souhaitée.
Que Bordeaux m'offrirait davantage d'opportunités et me permettrait plus facilement d'aboutir dans mes démarches.
Ne souhaitant pas quitter le Bassin d'Arcachon après m'être investi dans la création et la réalisation d'un site Internet sur cette ville (site en concurrence directe avec celui de la ville et de l'office de tourisme avec une fréquentation annuelle de plus de 400 000 visiteurs), je refuse cette fatalité et m'expatrie (hébergé temporairement et gracieusement) dans une commune des Landes située à proximité du Bassin.
Quelle erreur !
Sans aucun moyen de locomotion (mis à part un vélo), c'est tant bien que mal que je poursuis l'activité de ce site.
Cependant comment démarcher et assumer son existence lorsque l'on est sans emploi et sans domicile et que l'on ne peut prétendre créer sa propre société ?
Je vends donc celui-ci en contrepartie de mon emploi (le mot « emploi » est bien grand pour un contrat d'insertion - revenu minimum d'activité) ainsi que mes idées de développement que je ne pouvais mettre en application faute de moyens financiers suffisants.
Six mois plus tard fin de contrat.
Ce site ne m'appartient plus et je pointe à nouveau aux ASSEDIC pour une courte période d'indemnisation.
Désormais, et ceci depuis décembre, je n'ai plus aucun revenu.
Je n'ai pas travaillé suffisamment ces dix dernières années et ne peut bénéficier de l'allocation spécifique de solidarité.
De plus ces derniers me demande mes derniers avis d'imposition.
Je reconnais ne pas avoir déclaré ces revenus mais quels revenus : le SMIC, le RMI... (d'ailleurs, je n'ai de leur part jamais reçu de déclaration à remplir même si j'ai payé des impôts locaux).
Ce document serait nécessaire pour obtenir l'attestation de non droits, indispensable pour la constitution d'un dossier RMI.
J'ai voulu faire part de ma situation auprès du C.C.A.S. de Bordeaux, commune où je suis domicilié par l'intermédiaire d'une association (Saint-Vincent de Paul).
Cependant n'étant pas résident dans cette commune et considéré comme sans domicile ces derniers me renvoient vers le C.A.I.O. – centre d'accueil, d'information et d'orientation (après 2h30 d'attente).
Je veux bien mais combien de distance entre ces deux organismes.
Prendre le TRAM sans ticket valide et me faire verbaliser : non merci !
Je me décide de parcourir à pied ce trajet.
Ceci pour m'entendre dire, désolé personne ne pourra (il est 15h30) répondre aujourd'hui personne ne pourra vous recevoir, revenez demain dès 13h30.
Là mais surtout las également, j'abandonne.
Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de me poser et de prendre du recul par rapport à cette situation.
Dans ma vie, j'ai fait des erreurs, oui !
Des mauvais choix, certainement !
Cependant, est-ce le prix à payer, est-ce mon chemin de croix ?
Une copie de ce document a été adressée vendredi 10 avril par courriel auprès du CCAS de la ville de Bordeaux, du CAIO de cette même ville, du Conseil Général de la Gironde ainsi qu'à l'association « Les Enfants de Don Quichotte ».
Ce mail serait-il considéré comme spam auprès des 3 premiers organismes cités ?